Posté par Yann Essabe, le 14 février 2026
La décision signée, le 5 février 2026, du président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), Baltasar Engonga, de suspendre momentanément l’ensemble de ses activités a causé un véritable séisme dans les chancelleries sous-régionales et régionales.
Par Yann Essabe
La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans les ors des chancelleries et les dorures des palais présidentiels des six pays membres de la CEMAC. En cause, une tension de « trésorerie qui ne permet plus d’assurer le fonctionnement normal de l’organe exécutif de la Communauté », mentionne le président de la Commission, l’Equato-Guinéen Baltasar Engonga Edjo’o, dans sa note adressée aux membres du gouvernement de la Commission. La note présente aussi un bilan comptable accablant avec une raréfaction des finances communautaires, qui impacte sur le fonctionnement de l’Institution communautaire.
La CEMAC est désormais astreinte à assurer les missions d’ « importance hautement stratégique ». Au centre de ces tensions de trésorerie, la taxe communautaire d’intégration (TCI), la principale source de financement de la CEMAC, collectée et versée par les Etats membres sur leurs importations. Depuis plusieurs mois, en effet, ces versements automatiques accusent des retards et sont partiellement ou pas versés par les Etats membres, eux-mêmes confrontés à des difficultés structurelles (chute des prix du baril de pétrole, entre autres) et des crises sécuritaires (guerre contre Boko Haram, rebellions, etc.), qui obèrent substantiellement sur leurs budgets respectifs et conduisent à des ajustements.
Seul le Gabon fait office de bon élève de la CEMAC, après avoir payé la somme de 10,5 milliards de francs CFA en 2025, grâce à un système autonome de prélèvement de la TCI, sans impact sur son budget national. Pour les analystes, cet arrêt est la goutte d’eau sur l’océan de récriminations lancées à l’encontre de cette Institution clé de l’intégration sous-régionale, qui freine encore des quatre fers pour sa concrétisation. Jugée bureaucratique, trop politisée et peu réactive aux enjeux de l’heure, la CEMAC peine à initier des réformes majeures dans le domaine de la libre circulation des personnes et des biens, par exemple.
L’Institution, selon ses détracteurs, resterait à la remorque des autres institutions sous-régionales continentales, donnant ainsi raison à ceux qui militent pour sa fusion-absorption avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), plus inclusive et innovante avec des pays plus nombreux (13 contre 6 pour la CEMAC) et plus forts en termes démographiques et économiques. Certains experts vont jusqu'à dire que la tension de trésorerie actuelle constitue les prémices de la mort de cette Institution. Wait and see.
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14/02/2026 à 11:26
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